Le guide du compostage

Les différentes techniques et les composteurs sur Marseille

Un tiers de notre poubelle domestique est composée de biodéchets (déchets alimentaires et déchets verts). Les déchets alimentaires domestiques jetés en France représentent à eux seuls une centaine de kilos par personne et par an ! Ces déchets sont majoritairement incinérés ou enfouis, ce qui génère une perte de matière, un coût de traitement élevé et des pollutions induites. Pourtant, cette matière pourrait être compostée puis utilisée pour enrichir les sols ou cultures en pot, évitant ainsi l’achat d’engrais chimiques.

Même si Marseille ne fait pas partie des villes qui trient et valorisent les biodéchets, il existe des solutions collectives et individuelles de compostage. Et même lorsque le tri à la source des biodéchets aura été mis en place (d’ici 2025 d’après la Loi de transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015), le compostage de proximité restera une pratique plus vertueuse dans la mesure où il évitera le transport des biodéchets sur des kilomètres.

Qu’est-ce que le compostage ?

« C’est la transformation maîtrisée, en présence d’oxygène, des déchets organiques par l’action mécanique et chimique de micro et macro-organismes, en vue d’obtenir un amendement et un fertilisant stabilisé pour le jardin. » (1)

Les micro-organismes impliqués sont les bactéries et les champignons. Selon l’environnement et le type de compostage choisi, les macro-organismes peuvent comprendre des cloportes, des mille-pattes, des vers de compost (à ne pas confondre avec les lombrics communs), etc.

Le compostage repose sur 3 règles d’or :

1.   L’équilibre entre matière azotée (vos déchets alimentaires et déchets verts) et matière carbonée (plantes et feuilles mortes, branchages, broyat, boîtes d’œufs, cartons, sachets en papier en fin de vie, etc.) : on dit souvent qu’il faut 1/3 de déchets carbonés pour 2/3 de déchets azotés mais cela dépend du type de biodéchets, de la solution de compostage choisie et du taux d’oxygénation apporté ;

2.  La présence d’oxygène en permanence et sa bonne répartition dans le mélange de biodéchets : il faut pour cela privilégier la matière carbonée à caractère structurant (elle laisse circuler l’air) et brasser régulièrement le compost en cours de transformation ;

3.  Un taux d’humidité de 50 à 60% : si le compost est trop sec, il pourra être légèrement arrosé, s’il est trop humide, il faudra ajouter de la matière carbonée et bien l’aérer.

[1] Composter en ville : Le recyclage des biodéchets pour tous et partout, Jean-Jacques Fasquet, Editions Rustica (2018)

> Proposer un composteur
> Aller sur le site
> biodechets.org

Les solutions de compostage

Vous habitez dans un immeuble avec un jardin collectif ou un coin d’herbe ?

Lancez ou participez à un composteur collectif avec vos voisins !

Vous habitez dans un immeuble sans jardin collectif ?

Plusieurs options s'offrent à vous...

Vous habitez une maison avec jardin ?

Optez pour le compostage domestique dans votre jardin !

Composteur collectif

Le principe

Discutez-en avec vos voisins. Notez les noms des personnes intéressées. Nommez un ou deux référents. Obtenez l’accord du bailleur ou syndic de copropriété. Identifiez un accompagnateur (maître composteur). Menez un diagnostic du site et définissez le projet. Commandez le matériel nécessaire (au moins 3 bacs en bois de 600 litres, les accessoires associés et de la matière carbonée). Formez le(s) référent(s). Installez et inaugurez le composteur. Alimentez et entretenez-le chaque semaine avec les autres voisins volontaires. Récoltez le compost pour nourrir vos plantes et celles de la résidence.

Les +

  • Simple et rapide à installer
  • Très peu coûteux grâce à la prise en charge de la Métropole
  • Produit un fertilisant de qualité pour les plantes de l’immeuble et des appartements
  • Peut générer de la convivialité et une dynamique collective entre les résidents

Les –

  • Demande un jardin ou quelques mètres carrés d’herbe en pied ou cour d’immeuble (l’installation sur du béton ou du ciment pourrait entraîner un écoulement de jus de compost devant les bacs au démarrage)
  • Nécessite l’accord du bailleur ou du syndic de copropriété (ce qui n’est pas toujours simple et peut prendre du temps)
  • Peut pâtir de niveaux de compréhension et de participation très variables entre les résidents

Bon à savoir

Le Conseil de Territoire Marseille Provence de la Métropole met gratuitement à disposition des associations d’habitants, bailleurs sociaux et syndics de copropriété des composteurs collectifs (3 bacs : un à compost, un à maturation et un à broyat) à partir de 15 foyers volontaires, par signature d’une convention de partenariat. Seuls les bio-seaux sont payants (5€ par foyer). Un accompagnement d’un an (formation initiale, retournement du compost et animations) est également assuré par les Eco-Ambassadeurs de la Métropole. Plus d’infos ici.

> Guide pratique du compostage collectif réalisé par la Métropole Aix-Marseille Provence

Les composteurs de quartier

Le principe

Rejoignez ou lancez un dispositif de compostage partagé dans un lieu public (jardin public, espace vert de la Ville, etc.), porté par une association et par la collectivité. Même si ce type de dispositif est généralement plus large et diffère sur certains points des composteurs collectifs en pied d’immeuble, ils présentent de nombreuses similarités.

Les +

  • Très peu coûteux grâce à la prise en charge de la Métropole
  • Permet de récolter un fertilisant de qualité pour ses plantes
  • Peut générer de la convivialité et une dynamique collective dans le quartier

Les –

  • Encore très peu de composteurs de quartier à Marseille, parfois déjà complets
  • Dispositif dont la mise en place est plus lourde que pour un composteur en pied d’immeuble (car il demande la concertation de différents acteurs et un certain nombre d’autorisations administratives)
  • Souvent ouverts à certains horaires, qui ne conviennent pas toujours à l’emploi du temps de chacun
  • Peut pâtir de niveaux de compréhension et de participation très variables entre les adhérents

Bon à savoir

Le Conseil de Territoire Marseille Provence de la Métropole met gratuitement à disposition des associations d’habitants, bailleurs sociaux et syndics de copropriété des composteurs collectifs (3 bacs : un à compost, un à maturation et un à broyat) à partir de 15 foyers volontaires, par signature d’une convention de partenariat. Seuls les bio-seaux sont payants (5€ par foyer). Un accompagnement d’un an (formation initiale, retournement du compost et animations) est également assuré par les Eco-Ambassadeurs de la Métropole. Plus d’infos ici.

> Guide pratique du compostage collectif réalisé par la Métropole Aix-Marseille Provence

Les jardins partagés et fermes urbaines

Le principe

Identifiez un jardin partagé ou une ferme urbaine près de chez vous. Demandez aux référents s’ils sont intéressés de récupérer vos biodéchets. Renseignez-vous sur ce qui est accepté ou non puis apportez vos biodéchets aux horaires d’ouverture et à la fréquence qui vous convient.

Les +

  • Demande peu de temps dans la mesure où l’entretien est pris en charge par les responsables du jardin ou de la ferme
  • Ne coûte rien (sauf peut-être l’achat d’un bio-seau)
  • Permet de transformer vos biodéchets en un fertilisant de qualité pour le jardin ou la ferme
  • Peut vous donner envie d’adhérer au jardin partagé ou d’être bénévole ou client de la ferme

Les –

  • Pas nécessairement de jardins partagés ou fermes urbaines autour de chez vous
  • Limites possibles sur le type de déchets acceptés et la provenance de vos produits alimentaires (uniquement les bio et pas les conventionnels)
  • Souvent ouverts à certains horaires, qui ne conviennent pas toujours à l’emploi du temps de chacun

Le lombricomposteur individuel

Le principe

Assurez-vous que tout le monde est d’accord pour accueillir des vers dans l’appartement. Fabriquez vous-même (à partir de boîtes en plastique empilables ou de caisses à poisson en polystyrène) ou procurez-vous un lombricomposteur de la capacité correspondant à votre foyer (via la Métropole, en jardinerie ou par correspondance). Récupérez des vers à compost auprès de fermes lombricoles ou d’autres adeptes du lombricompostage (via la plateforme plus2vers.fr). Installez le lombricomposteur dans votre cuisine ou une autre pièce de votre appartement. Déposez les vers sur le premier plateau sur un peu de litière, laissez-les tranquilles quelques jours sous le plateau d’humidification et le couvercle puis faites des apports progressifs en fonction de la multiplication des vers. Ajoutez les plateaux supérieurs au fûr et à mesure que vous remplissez les premiers. Récupérez régulièrement le « thé de vers » produit. Récoltez le lombricompost du premier plateau lorsqu’il est mûr (après 3 à 6 mois). Récupérez le plateau pour de nouveaux apports.

Les +

  • Facile à trouver et à installer (de nombreux kits sont proposés dans le commerce)
  • Possible de s’en voire mettre à disposition par la Métropole à un prix très avantageux
  • Nécessite peu de logistique
  • -Permet de récolter un « thé de vers » (à diluer à 1/10ème dans de l’eau) et un lombricompost pour fertiliser ses plantes

Les –

  • Ne peut être installé en extérieur car les vers supportent mal les fortes variations de température
  • Demande de convaincre des conjoints ou colocataires parfois peu adeptes des vers
  • Ne permet pas de composter les déchets verts, les produits animaux, le pain, les restes de plats cuisinés, l’ail, l’oignon et les agrumes
  • Nécessite de ne pas s’absenter trop longtemps (un mois max.) ou de trouver une personne pour venir donner à manger aux vers
  • Moins convivial que les solutions collectives

Bon à savoir

Le Conseil de Territoire Marseille Provence de la Métropole met à votre disposition un lombricomposteur individuel moyennant une participation financière de 10€. Plus d’infos ici.

> Consulter la plateforme de conseil sur le lombricompostage et de don de vers

Le bokashi

Le principe

Procurez-vous un seau fermé avec un robinet au fond (seau alimentaire ou seau à bokashi) et des micro-organismes efficaces (le son de bokashi, qui va activer la transformation des déchets alimentaires en engrais). Installez le seau dans votre cuisine ou une autre pièce de votre appartement. Parsemez le fond du seau d’une petite poignée de son de bokashi. Déposez vos déchets alimentaires réduits en petits morceaux, tassez-les et recouvrez d’une petite poignée de son de bokashi. Renouvelez ce processus à chaque apport. Récupérez le « jus de bokashi » dès qu’il se forme à l’aide du robinet. Quand le seau est plein, laissez les déchets fermenter 15 jours dans le seau. Mélangez 2/4 de terre pour 1/4 de bokashi dans un pot avant de recouvrir d’un dernier 1/4 de terre puis laissez maturer pendant 2-3 semaines avant de planter vos cultures.

Les +

  • Pas besoin d’apporter de matière carbonée car il ne s’agit pas à proprement parler de compostage (en l’absence d’oxygène)
  • Permet de valoriser tous les déchets de cuisine (produits animaux inclus)
  • Évite les odeurs et l’arrivée de vers et de rongeurs (grâce au contenant hermétique et au son de bokashi)
  • Permet de récolter un « jus de bokashi » (à diluer à 1% dans de l’eau) et un compost riche en minéraux et micro-organismes pour fertiliser ses plantes

 

Les –

  • Demande de renouveler le son de bokashi ou les autres micro-organismes efficaces utilisés pour activer la fermentation
  • Besoin d’un 2ème seau ou d’une autre solution pour laisser fermenter les déchets 15 jours dans le seau avant de les transférer
  •  Nécessite un composteur ou des pots en terre suffisamment grand pour laisser maturer les déchets fermentés dans la terre avant d’obtenir un bon terreau
  • Moins convivial que les solutions collectives

Une fiche pratique sera bientôt téléchargeable ici.

En attendant, vous pouvez consulter le tutoriel sur lowtechlab.org.

Le compostage sauvage en pot

Le principe

Récupérez au moins deux grands pots en terre et installez-les sur votre balcon, votre terrasse ou dans votre cour (avec du soleil ou de la chaleur, le processus de compostage ira plus vite). Déposez un peu de matière carbonée au fond du premier pot pour favoriser l’absorption. Apportez au fûr et à mesure vos biodéchets, mélangez avec les déchets déjà présents et ajoutez de matière carbonée. Corriger l’équilibre azote/carbone et humidifiez si besoin. Lorsque le premier pot est plein, laissez maturer pendant plusieurs mois en utilisant le second pot. Récoltez le compost lorsqu’il est mûr et mélangez-le à de la terre et/ou du sable pour nourrir vos plantes.

Les +

  • Très simple et peu coûteux à mettre en place
  • Pratique pour valoriser ses déchets alimentaires et déchets verts sans trop se compliquer la vie
  • Permet d’obtenir un terreau qui fertilisera vos plantes

Les –

  • Nécessite d’avoir un extérieur suffisamment grand pour stocker plusieurs pots en terre
  • Temps de compostage relativement long

Composteur en bac

Le principe

Pour un jardin de moins de 300 m², procurez-vous un bac à compost en bois (plus esthétique, durable, recyclable et stable en température que le plastique) de 300 à 400 litres (via la Métropole, en jardinerie ou par correspondance) et/ou composter en tas (à éviter pour les déchets alimentaires par respect des voisins et en prévention des rongeurs). Montez le bac et installez-le dans un coin de votre jardin à mi-ombre/mi-soleil et à l’abri du vent, en veillant à garder une surface équivalente derrière ou sur le côté pour la maintenance. Bêchez et déposez au fond du bac un lit de matière carbonée pour favoriser l’absorption. Au minimum, une fois par semaine, déposez vos biodéchets dans le composteur, mélangez avec les déchets déjà présents et recouvrez de matière carbonée. Tous les deux mois, brassez et décompactez la moitié supérieure à la fourche. Corriger l’équilibre azote/carbone si besoin. Récoltez le compost dans la partie inférieure lorsqu’il est mûr à l’aide de la trappe en façade.

Les +

  • Facile à trouver et à installer (de nombreux composteurs sont proposés dans le commerce ou par la Métropole)
  • Possible de s’en voire mettre à disposition par la Métropole à un prix très avantageux
  • Pratique pour valoriser ses déchets alimentaires et déchets verts sans trop se compliquer la vie
  • Permet d’obtenir un engrais naturel qui fertilisera vos plantes et nourrira le sol de votre jardin

Les –

  • Maintenance et récolte un peu physique compte tenu des volumes
  • Temps de compostage relativement long (9 à 12 mois pour récolter un compost bien mûr)

Bon à savoir

Le Conseil de Territoire Marseille Provence de la Métropole met à votre disposition un composteur individuel (en plastique malheureusement) moyennant une participation financière de 10€. Plus d’infos ici.

> Guide pratique du compostage individuel réalisé par la Métropole Aix-Marseille Provence .

Pour toute question ou information, vous pouvez contacter le groupe de travail “Bio-déchets” de Zero Waste Marseille ici : biodechets.zwm@gmail.com.

Les composteurs &
jardins partagés sur Marseille

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